La vigne

La vigne, à l'état spontané est une liane, ce qui explique la facilité avec laquelle elle peut s'accrocher à un support grâce à ses vrilles. Elle pourrait vivre plusieurs siècles voire davantage mais à l'état cultivée elle n'est productrice que pendant une centaine d'années maximum.

Chaque année les étapes de son développement sont les mêmes:

Décembre janvier :

c'est le repos hivernal période pendant laquelle pourra s'effectuer la taille qui remarquons le s'effectue toujours manuellement.

Fin février :

le sol se réchauffe, les racines reprennent tout doucement leur activité et absorbent donc l'eau et les sels minéraux. Ce liquide incolore peut s'écouler au niveau des cicatrices de taille constituant les "pleurs". A remarquer que dans les campagnes ont leur prêtait autrefois le pouvoir de faire disparaître les taches de rousseur !

En avril :

l'augmentation de la température permet aux bourgeons de "débourrer", c'est à dire de reprendre leur activité. Une pointe verte apparaît qui en se développant va donner de nouveaux rameaux. Verts et tendres jusqu'en juillet, ces rameaux vont durcir en août et prendre une couleur brune : ce sont les sarments et c'est l'aoûtement.

En juin :

les fleurs apparaissent ( la floraison dure une dizaine de jours). Ces fleurs sont hermaphrodites de type 5 et comportent 5 sépales, autant de pétales et d'étamines et 1 ovaire. Fécondée, chaque fleur se transforme en baie, c'est le grain de raisin dont la couleur est verte au départ.

Août-septembre :

c'est la "véraison", les gains changent de couleur et se chargent en sucre.

Octobre-novembre :

c'est la récolte ou vendanges;

Fin novembre :

la plante perd ses feuilles et entre en repos hivernal.

Façons culturales :

1. La taille

s'effectue de décembre à mars. On laisse une ou deux lattes sur chaque pied ; chaque latte porte de 6 à 9 bourgeons. Les autre tiges, ou bois, sont retirés, "on tire les bois". Autrefois on les conservait pour faire du feu : le "feu de javelles", chaud et fugace sur lequel on faisait griller la viande. De nos jours on les brûle à mesure dans des brouettes métalliques spécialement aménagées ou plus souvent on les broie à la machine.

2. Attachage :

(mars avril) On fixe la latte au fil de fer en prenant garde à ne pas faire tomber les "boutons"; c'est une opération délicate et qui doit être réalisée au bon moment !

3. Egourmandage :

on retire les rejets qui poussent sur le porte-greffe et qui seraient des pousses parasites avides de sève.

4. Relevage et faucillage :

les pousses sont enroulées autour des fils qui les soutiennent et à l'aide d'une machine on coupe les extrémités de tiges qui dépassent de façon à obtenir un palissage régulier. Ce travail s'effectuait naguère à la main à l'aide d'une faucille, d'où son nom.

5. Sulfatage :

dès le printemps et jusqu'à l'approche des vendanges on applique un traitement à base de sels de cuivre et de soufre pour lutter contre les champignons et les parasites. C'est une période pendant laquelle le viticulteur examine régulièrement graines et feuilles et est particulièrement attentif aux variations climatiques.

A remarquer qu'en Charente, on n'arrose pas la vigne alors que cela se fait parfois dans le midi de la France. Ici, la vigne -et les vignerons- craignent

Tout au long de cette période on s'occupe évidemment du sol : retournement dans les allées, applications d'herbicides entre les "souchots". A remarquer qu'autrefois cette dernière opération était faite à l'aide d'un outil spécial appelé "cavaillon".

Les vendanges :

Il est loin le temps où les vendanges demandaient une main d'oeuvre considérable. Il y a une trentaine d'années encore la cueillette des grappes se faisait à la main. A une extrémité de la vigne dans la "schinte" un tombereau ou parfois encore une cuve de bois servait à rassembler les grappes que les vendangeurs avaient une à une détachées du cep à l'aide d'un sécateur et mis dans un panier "à vendanges". Dans l'allée, le porteur de hotte se déplaçait et chacun vidait son panier plein ; la hotte remplie (5 à 6 paniers), le porteur allait la vider et revenait, de l'aube au coucher du soleil... Le soir on vidait la récolte de la journée dans une fouleuse qui écrasait les grappes, on recueillait le jus de raisin et ce qui restait des grappes était jeté dans le pressoir à l'aide d'une fourche large et dont les dents (les "bions") étaient rapprochés. Le jus des raisins blancs était directement versé dans des barriques de bois ou dans des citernes dans lesquelles la fermentation aurait lieu. "Le rouge", quant à lui allait dans de vastes cuviers ou rafles et jus étaient mélangés. Le vin servirait à la consommation familiale.

Pour marquer la fin des vendanges, le dernier soir, c'était la "gerbaude", une fête au cours de laquelle on mangeait et buvait beaucoup...

Aujourd'hui, en Charente, le ramassage se fait à l'aide d'une machine qui secoue et aspire les graines et les pressoirs sont hydrauliques, commandés par des circuits électroniques intelligents. Les cuviers sont en acier inoxydable ou en résine.

Les vendanges s'effectuent quand les grains sont mûrs, plus précisément quand le taux d'acidité et sucre atteint un bon rapport. Autrefois, on rajoutait parfois de "l'acide" quand les vendanges avaient été trop précoces et que le taux de sucre était insuffisant, ce qui conduisait à un vin de faible dregré !